Le Passeur se déroule sur quelques semaines entre mai et la fin de l'été 1940. Il a plusieurs toiles de fond, à savoir le rôle de la Suisse dans la guerre, la Bataille d'Angleterre et bien sur la spoliation de biens juifs par des nazis.
Sur le rôle de la Suisse, d'aucun s'accordent sur un étrange double jeu qui pourrait se résumer par "les affaires sont les affaires". Si au début de la guerre le Conseil Fédéral helvétique avait décidé d'abattre tout avion allemand pénétrant dans son espace aérien (et cette politique a été suivie des faits !), il n'a pas fallu longtemps pour que Marcel Pilet-Golaz, conseiller fédéral, change les règles et adopte une attitude plus "souple" vis à vis du Reich. Il est cocasse de constater que celui-ci a un look vaguement hitlérien, avec la petite moustache et le teint blafard: est-ce un signe d'allégeance ? Toujours est-il que son discours proclamé a l'été 1940 était sans équivoque: il ne manquait plus que le Heil Hitler pour que tout le monde soit persuadé que ce courageux conseiller fédéral jouait désormais le jeu de son puissant voisin du Nord. Ce discours a été très bien mis en image par Brice.
Alors que Pilet Golaz se prosternait devant le Fuhrer, les suisses avaient faim. Le début d ela guerre ayant bouleversé la chaine d'approvisionnement, la disette guétait déjà et on a vu les parcs au centre de Zurich transformés en gigantesques potagers ! Encore une fois, Brice a mis cela en image dans les premières pages du récit.
Autre élément que j'ai repris dans ce premier tome, l'accueil de réfugiés juifs en Suisse. Toléré dans un premier temps, les frontières ont ensuite été fermées, ceci étant le moteur de notre histoire à Brice et à moi. La tolérance des débuts n'était hélas pas gratuite, les autorités suisses n'ayant pas hésité à faire payer le coût d'hébergement des réfugiés à la petite communauté israélite !!! Les affaires sont les affaires...
Le rôle des banques suisses est bien connu et a encore fait l'objet de longs débats il y a une bonne dizaine d'années. L'argent que des familles juives avaient caché en suisse sur des comptes numérotés, lorsqu'ils ont senti le drame venir, est en partie resté bloqué jusqu'il y a peu...Mais ceci est histoire connue...
Dans un contexte un peu moins historique mais probablement véridique, j'ai pris le parti que parmi les 4 personnages centraux de mon récit, aucun ne sérait un véritable héros. Le "passeur" est à la limite dépressif, son ami un fin calculateur pas franchement porté sur l'humain, tandis que les personnages allemands sont d'une part un officier de la Luftwaffe ne se sentant pas l'âme d'un conquérant et surtout ne voyant pas pourquoi lui, aryen pure souche, devrait adhérer à l'antisémitisme ambiant, surtout que sa femme est d'origine juive. Je ne veux pas croire que tous les soldats du Reich étaient acquis à l'Holocauste, et encore moins à ce que tous aient envie de se battre.
A suivre...
20/04/08
Le contexte historique
19/04/08
L'attaque des Junkers Ju 87.


Je pense qu'il serait interessant de faire un petit tour des avions que l'on peu trouver dans l'album. Pas tout d'un coup pour éviter l'indigestion. À commencer par :
Le Junkers Ju 87, également appelé Stuka était le plus célèbre des bombardiers en piqué de la Luftwaffe.
Ce bombardier léger était facilement reconnaissable grâce à ses ailes incurvées en W et son gros train d'atterrissage principal fixe. Certains étaient également dotés d'un sirène mécanique fixée sur les trains d'atterrissage, appelée « trompette de Jéricho », destinée à produire un son strident grâce au souffle du vent. Ce son aigu, rapidement associé au bombardement en piqué, avait pour objectif de terroriser les populations et démoraliser les militaires à son approche.
Le Hangar ouvre ses portes...
Je viens de boucler l'album, le premier tome du Passeur, des heures de travail, enfermé devant ma table, et je songe à m'ouvrir à mes (futurs) lecteurs...
Voici le début de l'aventure blog dédié au Passeur...
